
Ainsi, il est grand temps de se remettre autour de la table pour trouver un nouvel accord viable entre les Etats-Unis et l’Europe. C’est pourquoi, Michael Chertoff, secrétaire d’Etat américain à la sécurité intérieure, est venu défendre la position de son pays face aux instances européennes lundi dernier. Il a notamment critiqué les quelques restrictions apportées par l’Europe sur ces échanges de données telles que la limitation du transfert des données PNR à certaines agences gouvernementales. Selon lui, pour une lutte plus efficace contre le terrorisme, les données relatives aux passagers aériens devraient circuler plus facilement entre les différentes administrations. Et pour étayer son argumentation, il n’a pas manqué de signaler que si un accord tel que le PNR avait existé le 11 septembre 2001, les attentats de New York auraient probablement pu être évités : « Avec seulement certaines de ces données, nous aurions pu les empêcher (les terroristes) de pénétrer aux Etats-Unis. Il est alors difficile, face à ces leçons tragiques de l’histoire, d’abandonner un outil qui, avec un coût minimal en terme de libertés publiques, connaît un potentiel immense dans la protection de vies humaines » a-t-il déclaré. Toujours selon Chertoff, l’échange de données sur les passagers aériens aurait déjà permis l’arrestation de nombre de terroristes depuis 2003.
Face aux parlementaires européens, le représentant américain s’est confronté à une opposition ferme en la personne de Sophia in’t Veld, députée néerlandaise en charge du dossier PNR. Au-delà d’un manque de confiance dans les résultats annoncés par Chertoff concernant le système PNR, elle a reproché ouvertement le manque de réciprocité ainsi que les intentions américaine sous-tendant ce projet. Ainsi, elle a fait part de son scepticisme quant à savoir si les Etats-Unis sont réellement intéressés par un compromis ou souhaitent seulement imposer leurs standards et leur politique en matière de données personnelles.
Une fois de plus, ce dossier montre les distorsions de vue entre les Etats-Unis et le Vieux continent sur la mise en balance des libertés publiques et des objectifs de sécurité. Seul point positif, la deadline imposée à la fin du mois de juillet pour trouver un accord accélérera peut-être le processus de négociation. Les compagnies aériennes pourront ainsi bénéficier d’une relative sécurité juridique qui fait actuellement défaut en l’absence d’un point de vue commun en Occident.
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